Le rythme dans la poésie orale :
Les personnes qui découvrent le slam sur une scène ouverte ou en atelier me disent souvent : "En fait, slamer c'est déclamer un poème sur un rythme particulier"
Je leur réponds que slamer, c'est la simple action de déclamer un texte sur une scène ouverte selon les règles de l'art : voir la définition du slam.
Bien sûr,
Les slameurs s'inscrivent souvent dans une démarche artistique double
- Le travail de l'écriture
- Le travail de déclamation
Le résultat des deux constitue le "style" du slameur.
Le rythme dans le slam commence à se travailler dès la phase d'écriture. Si l'on n'écrit plus guère en alexandrin ou en octosyllabe, il peut y avoir dans l'écriture slam un travail de versification avec variations.
Ex :
"On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (8)
Et quand on a pas (5)
On trouve de nouvelles solutions (8)
De nouveaux appâts" (5)
Extrait de Borderline - K-cio'P Weiss
On a un quatrain qui contient respectivement
8, 5, 8 et 5 pieds
On obtient alors une "musique" avec le rythme imposé par le nombre de pieds ajouté à la "rime-tampon" (a pas => appâts)
En effet, la "musique" du texte contient à la fois le rythme (versification) et les rimes, assonances, allitérations.
ex. d'allitération en f et en s :
"L'info s'infiltre, se faufile
Dans nos foutus circuits synaptiques"
A l'aube du temps futur - K-cio'P Weiss
Le travail oral :
Le poème écrit est destiné à être oralisé. Le rythme de la scansion suit la rythmique imposée par le texte et l'accentue par la tonalité ou le volume de la voix, appuyant les césures, les rimes, les allitérations, en variant la vitesse de scansion etc.
A propos de l'inspiration :
Quand on écrit un texte, on ne décide pas à l'avance de faire telle ou telle rime, d'écrire en octo ou en déca-syllabe sauf si l'on répond à un exercice à contraintes.
=> L'important dans le slam, c'est la musique !
Une phrase nous trotte dans la tête, elle sonne bien, nous avons envie de dire quelque chose à partir de cette phrase : Ecoutons la musique des mots, écrivons selon notre rythme intérieur. Cela suppose d'être à l'écoute de soi et de sa musique profonde, celle à travers laquelle nous avons envie de raconter quelque chose.